Jour de tempête, jour de nouvelles !

 

Jour de tempête, jour de nouvelles !

Par Yves Therrien

Dans une salle de nouvelles comme au Soleil, rien n’arrête la course à la nouvelle ni la neige, ni une catastrophe, ni une manifestation. La tempête, c’est une poussée d’adrénaline pour raconter la meilleure histoire possible.

En regardant RDI ou LCN, tout le monde est au poste. Dans toutes les salles de nouvelles, c’est le branle-bas de combat. Ça urge ! Les chefs des nouvelles sont fébriles, les journalistes, les photographes et les vidéastes prennent la route. Il faut raconter la petite histoire de la tempête.

Je l’ai vécu à plusieurs reprises au cours de mes 38 ans de carrière. Rien n’arrête la nouvelle.

Les photographes vont croquer en images les carambolages, les opérations de déneigement, les autobus bondés et embourbés dans des rues devenues trop étroites.

Les journalistes, peu importe la force de la tempête, sont sur les routes pour recueillir les témoignages. La route bloquée ou enneigée n’est pas un obstacle, mais une source de nouvelles.

RÉAGIR

Un matin de grosse tempête, alors que j’étais à l’édition du Web, il fallait des images pour montrer cette réalité. Pas de photographe au bureau, l’un était au Vieux-Port où le fleuve débordait, un autre se rend sur l’autoroute prendre les meilleures images du carambolage. Lorsqu’ils sont rentrés au journal, un grand sourire dans le visage, ils disaient : «J’ai de maudites belles images».

Au lieu d’attendre, téléphone en main, je sors dans la rue pour montrer à quel point le carrefour Charest et de la Couronne était congestionné. Les piétons avaient de la neige jusqu’aux genoux en tentant de traverser la rue. Saint-Roch souffrait de paralysie. À 8h30, texte et images étaient en manchette sur le site du journal.

Il y aura des mises à jour presque toutes les heures, il fallait montrer la tempête dans la rue pour ceux et celles coincés à la maison.

NUIT BLANCHE

J’ai vu des équipes du pupitre passer la nuit debout, se reposer quelques minutes dans un coin de la salle de rédaction ou se rendre dans un hôtel voisin, certain soir de tempête, pour compléter la mise en page du journal. Au petit matin, l’impression du journal commençait, les camions prenaient la route. Le journal sera livré…

Jamais le quotidien de Saint Roch n’a fermé ses portes ni oublié un jour de publication à cause d’une tempête. Des retards de livraison, peut-être, mais le journal sera livré coûte que coûte.

UN INCIDENT

Une seule fois le quotidien de Québec n’a pas été publié à cause d’un incident qui a coupé l’alimentation dans tout Saint-Roch. C’était à l’époque des machines à écrire, pas de Web, pas de cellulaire. J’écrivais à la chandelle les titres pour la mise en page. Les journalistes continuaient le travail. Une cinquantaine de personnes ont passé la nuit blanche. Tout le monde attendait le retour de la lumière pour faire démarrer les presses.

Au petit matin, le rédacteur en chef de l’époque vient nous raconter la mauvaise nouvelle, l’électricité ne reviendra pas avant la fin de la journée. Un entrepreneur avait sectionné par mégarde le câble d’alimentation sous le boulevard Charest. Il nous faudrait publier tout le contenu de la veille avec les nouvelles du jour.

Il n’y avait qu’une rétrocaveuse pour couper la publication d’un journal. Aujourd’hui, technologie oblige, seule une panne générale mondiale de la Toile pourrait empêcher la nouvelle de vivre.

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